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    Copie de FAUCHEUR-originelEn France, la gauche semblait jusqu'à ces jours derniers, selon les sondages, prendre l'avantage en vue des prochaines élections. Nous venons de constater que les jeux sont loin d'être faits. Toutefois, quand je dis "jeux" il n'y a pourtant rien de réjouissant, puisqu'il s'agit de la première tentative d'accord entre les Verts et le PS, au sujet du Nucléaire.

J'avais déjà annoncé précédemment dans un billet "

"L'enjeu du nucléaire, lance la campagne présidentielle... Mais avons nous encore le choix ?

que cette affaire allait lancer la campagne...vu que je revenais justement de l'université d'automne de l'AEI Alliance Ecologiste Indépendante (mouvement auquel je viens d'adhérer) où en fin de séance j'ai assisté à un exposé, certes bien détaillé, qui proposait de sortir du nucléaire à un public acquit, mais à mon sens pas très au fait des risques encourus par une telle option. La moindre démotivation, pourrait nous mener à la catastrophe!

Au vu donc de l'empleur que prend le débat, bien que déjà instruit de la question, j'ai poussé mes investigations et reste plus que jamais sur ma première impression.... Nous n'avons plus guère le choix ! Et je suis très réservé quand au dénouement démocratique d'une telle situation... Vu que nous sommes devant un fait accomplit !

Pour autant, le moment n'est pas venu de descendre aux abris et d'abandonner la négociation. En effet, il ne s'agit plus ici d'option démocratique de choix de société, mais bien de "négocier" en vue d'un consensus qui engage notre vie et nos enfants ! Il faut donc arrêter de suite toute propagande qui consisterait à sortir du nucléaire, sans en avoir évalué correctement les risques sécuritaires autant qu'économiques !  Et pour le moins accepter les changements radicaux de nos modes de vie ... Ce qui, dans mes conceptions serait un moindre mal.

En argumentaire, et en vous épargnant les volumineux dossiers mis en ligne sur cette affaire, je vous livre l'échange que je viens d'avoir avec un économiste "alter mondialiste" qui m'a cordialement répondu Philippe Derudder

Certes, celui ci reste dans sa logique, où la démocratie fait figure de panacée à savoir, je cite :

"La question de la démocratie ne saurait selon moi être réduite à celle que pose le nucléaire. L'exercice de la démocratie est une chose, les sujets de société qui lui incombent de traiter en est une autre. Et plus les sujets sont graves et importants, comme le nucléaire, plus il appartient au peuple d'en décider, aussi difficile que cela soit."

Je crois toutefois, aussi digne d'interêt soit-il, que cet avis n'intègre pas une vue complète de la situation, mais reflète un système de pensée où le cloisonnement de valeur est de règle, à savoir le traitement  d'une chose après l'autre...alors que nous sommes devant un danger comparable aux fléaux que nos ancêtres ont connus jadis, du genre pandémies ou invasions barbares.  De telles circonstances, requéraient la nomination immédiate d'un comité de défense investit des pleins pouvoirs. Plus question de demander l'avis du peuple !

Voici mon échange

 

De : Philippe Derudder [mailto:derudder@lhed.fr]
Envoyé : jeudi 17 novembre 2011 10:14
À : destinataires inconnus:
Objet : Vous avez dit démocratie ?

 

ENVOI EN NOMBRE

Bonjour à toutes et tous

Je vous relaye deux messages qui vont dans le même sens.
Celui reçu de mon ami Charles Abecassis (action contre les indignés de la Défense)
et un autre d'attac France ( Occupy Wall Street et les indignés)

Il y a manifestement une volonté de la part de nos gouvernants de mettre les peuples au pas. il serait si simple de faire un beau pied de nez aux marchés en reprenant tout bonnement le pouvoir de création monétaire. Mais non, il n'en n'est même pas question. Cette idée est repoussée avec dédain. Nos gouvernants ont choisi de rendre les Nations dépendantes des capitaux privés et ce choix s'applique méthodiquement :
Dans le choix des gouvernements
Grêce : un ancien commissaire européen
Italie : que des techniciens au service de la finance
Europe : nouveau patron de la BCE un ex de Goldman Sachs.

Et dans l'attitude face aux peuples:
Protection des intérêts des plus riches (ou mesures homéopathiques juste pour faire bonne figure), mesures d'austérité pour les autres,  répression et harcèlement si on ose protester, même de façon non violente. C'est vrai quoi, ça fait pas propre dans les rues et ça nuit au tourisme

Bonne journée
Philippe

Réponse JCB

 

Le 2011-11-17 04:54, Jean-Claude Bonnot a écrit :

Bonjour Mr Derudder,

 

 En réponse à votre Mail dont l’objet est :« Vous avez dit démocratie ? », je ne peux que vous afficher mon scepticisme au vu des engagements déjà contactés … D’une part l’endettement, même aussi inquiétant qu’il puisse être, ne serait pas si grave -si on peut m’exprimer ainsi- car pour autant, avons nous encore le choix vis-à-vis de la question nucléaire ? Cette dernière… de toute évidence, ne pouvant être résolue que par une fuite en avant, c'est-à-dire le feu vert (en pesant mes mots) pour les réacteurs nouvelle génération (EPR) ou alors par des solutions drastiques, qu’aucuns de nos dirigeants démocrates n’oseront aborder de crainte de perdre les élections.

Voilà donc où impérativement je vois les limites de la démocratie. Le reste… mouvements indignés et autres ne sont que la résultante visible, certes récupérée à juste titre ou pas des effets de la cause que je tente d’éclairer ici.

 

http://www.leparisien.fr/politique/accord-verts-ps-sur-le-nucleaire-de-nombreuses-questions-en-suspens-17-11-2011-1724787.php

 

http://eclaireurcitoyen.canalblog.com/archives/2011/11/14/22676692.html

 

Voici donc ce que je m’apprête à faire circuler sur mon réseau et publier sur mon blog.

 

Cordialement

Jean-Claude BONNOT

Réponse Ph Derruder

De : Philippe Derudder [mailto:derudder@lhed.fr]
Envoyé : jeudi 17 novembre 2011 12:25
À : Jean-Claude Bonnot
Objet : Re: Vous avez dit démocratie ?

 

Bonjour Monsieur

Merci pour votre partage.
Pour ma part je fais une distinction entre le fond et la forme.
je ne peux que constater et regretter une grave dérive vers un totalitarisme financier accepté, voire encouragé par nos politiques. C,est uniquement cela qui m'interpelle.
Je ne situe pas le propos par rapport à tel ou tel sujet de société... Nucléaire, gaz de schiste, OGM,santé, et autre...
et quand bien mêne, il appartient exclusivement au peuple de faire ses choix sur ces questions. Or les élus, normalement représentants du peuple ont sur ces question des réponses différentes, en opposition avec la volonté populaire. Je ne vois dans tout cela que dérive et déni de démocratie. Je constate aussi qu'il ne s'agit que d'un mot malheureusement vide de vécu, au même titre que les droits de l'homme. Nous avons tout à apprendre et le temps me semble être venu.

Cordialement
Philippe Derudder

Réponse JCB

 

Le 2011-11-17 08:31, Jean-Claude Bonnot a écrit :

Merci de votre réponse, mais si votre préférence va (au lu de vos articles spécialisés)  à la forme, vous ne revenez que vaguement sur le fond.  A savoir que la démocratie reste à inventer (…) Sans doute est ce pour cela  que je me suis moi-même tourné vers un autre éclairage… disons… plus mutualiste entre l’homme et ses espérances.

 Quoi qu’ on en pense, si je reprends un argument mis  en lien plus bas  dans l’article du Parisien. http://www.leparisien.fr/politique/accord-verts-ps-sur-le-nucleaire-de-nombreuses-questions-en-suspens-17-11-2011-1724787.php

 

« Combien coûte le démantèlement d’un réacteur ?

EDF a mis de côté dans ses comptes 28,3 Mds€ pour financer le démantèlement de ses 58 réacteurs. Soit 487 millions en moyenne par réacteur. Le démantèlement de 24 réacteurs coûterait 11,7 Mds€. Et dans le cas de l’EPR de Flamanville, dont le coût final est estimé entre 6 et 7 Mds€, la facture est estimée à au moins 1 Md€. Autre problème : le démantèlement de centrales prend des décennies. Ainsi, depuis 1973, 9 réacteurs ont commencé à être démontés mais, trente-huit ans plus tard, aucun de ces chantiers n’a encore été achevé. »

  Si les chiffres sont abscons pour nombre de nos concitoyens, ce qu’il faut retenir, est qu’aucun réacteur n’a pu être démonté correctement en 38 ans !  Ce qui , sauf votre respect, devrait mettre en second rang toutes autres formes de propositions sociétales ! Nous sommes devant un fait accomplit et ne pouvons pas nous désengager dans le coût en personnels et matériels pour le fonctionnement du parc nucléaire aussi bien que pour son démantèlement .  On a vu avec Tchernobyl et maintenant Fukushima, ce qu’il arrive lors de tout relâchement de la sécurité pour le premier ou ras de marée pour le second.  

  Donc, non seulement on discute dans le vide (en l’absence d’infos fiables sur le technicité du démantèlement),  mais nous pouvons d’ors et déjà réfuter en ses termes  ce que soutient ci-dessous Noêl Mamère

Quelles conséquences pour l’emploi?

Sachant qu’il faut compter 350 techniciens et ingénieurs pour un réacteur, la fermeture de 24 d’entre eux pourrait mettre sur le carreau 8400 salariés s’ils n’étaient pas reclassés. La filière nucléaire, qui revendique plus de 100000 emplois directs et 300000 emplois indirects, met en garde contre les conséquences sociales désastreuses d’une remise en cause de cette industrie. « C’est un mensonge, s’insurge Noël Mamère. Pas un seul emploi ne sera perdu. L’investissement sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables créera 20 fois plus d’emplois que dans le nucléaire. En Allemagne, depuis 2001, c’est 350000 emplois non délocalisables qui ont été ainsi créés. Et 500000 supplémentaires sont attendus d’ici à 2030! »

En effet, s’il faut savoir séparer « le fond de la forme » , il faut surtout avant de le faire, être certain de reconstituer l’ensemble et là le leader écologiste se fourvoie ! Comment pourrait on  créer 20 fois plus d’emplois supplémentaires (je cite) dans les énergies renouvelables en démantelant l’un pour construire l’autre alors que les technologies sont fort différentes ? Ne serait ce que dans leur implantation liées aux modes  de production.. éoliens, biomasse etc…  sans oublier le principal : la transhumance des populations drainée par ce bouleversement sans précédent. Les sacrifices seraient tels, et là je me répète, qu’aucuns postulants aux élections ne voudront les aborder….pour le moment. Pour y parvenir, il faudra passer par un procédé autre que démocratique…

  Mais comme vous dites :« le temps semble venu de l’apprendre », j’irai pour ma part plus loin…Reste à le faire accepter… ! C’est si simple de flatter en  promettant des droits pour être élu. L’heure est maintenant au réalisme.

Jean-Claude BONNOT

Reponse Ph Derruder

 

Re bonjour

La question de la démocratie ne saurait selon moi être réduite à celle que pose le nucléaire. L'exercice de la démocratie est une chose, les sujets de société qui lui incombent de traiter en est une autre. Et plus les sujets sont graves et importants, comme le nucléaire, plus il appartient au peuple d'en décider, aussi difficile que cela soit.
Je vous relaye pour info deux textes que je viens de recevoir à la suite du même envoi et qui méritent d'être considérés

 


Cordialement
Philippe Derudder

 

  Les textes en question, donnés par ce brave économiste, m'apparaîssent malgré toute ma bonne volonté de citoyen, comme d'un autre temps. L'éloge de la démocratie qui y est faite, pourrait même nuire à une décision responsable, vu que nos candidats soumis au dictat des élections annoncent par euphémisme, une sortie du nucléaire en douceur.  Alors qu'il faut un arrêt radical ou continuer !

JCB